André-Marie GBENOU: Nash fête son annif

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Joyeux anniversaire mon boud’chou.

Nash comme j’aime l’appeler, fête son anniversaire ce 11 mai. De vrai prénom Natacha, son anniversaire et bien oui, coïncide  avec la commémoration de décès de Bob Marley.

Nash est une fille native de grand popo, mina donc d’ethnie aux caractères doux et intéressants.Elle est ravissante, courtoise, intelligente et surtout embêtante.Des fois, sa folie l’amène à faire ce que tu lui interdis.

1-Comment l’ai-je connue?

J’ai connu Natacha à l’Université. On était tous deux admis à l’École Nationale d’Administration et de Magistrature( ENAM) en Administration Générale et de l’autre côté en Sciences Juridiques à la Fac de Droit. On se voyait à l’ENAM, mais nous nous saluions à peine. Le choc a eu lieu à la Fac de Droit. On était dans l’une des salles de la FAST, entendez Faculté des Sciences et Techniques. On avait en effet à préparer un exposé dans le module Grands Faits et Événements. Et bien oui, si à la Fac, on pouvait sécher les cours allègrement, ce qui était aussi sûr  est de ne pouvoir échapper à cette dame: le Professeur Régina Bill CATARIA, une dame de fer d’une rigueur indescriptible et d’un air caustique. C’était surtout sa matière qui faisait échouer plus d’un. Elle était incontournable en Première Année de Droit.

Venons aux choses intéressantes.

F et G sont les initiales de nos patronymes respectifs, celui de Nash et de moi, j’allais dire.  On se retrouvait dans le même groupe, puisque les groupes étaient concoctés, que dis-je, élaborés suivant l’approche nominative alphabétique.

Elle était assise devant moi pour le travail du groupe. C’était d’ailleurs la première et dernière séance de travail communautaire à laquelle on avait pris part en première année de droit en ce temps-là.

Quand nous eûmes terminé le travail qui nous avait regroupés, nous nous échangeâmes non pas les civilités, mais les contacts( je profite ici pour dire à son petit-ami de ne faire aucune tête qu’elle soit de jalousie ou d’adversité et de ne pas penser que Nash est facile surtout quand il s’agit d’avoir son contact. Non, loin de là). J’allais à wloguèdè, et elle à zogbo. Nous avons pris ensemble un taxi commun, lequel la laissa devant chez elle et moi naturellement chez moi. C’était une bonne journée parce que je ne savais pas que j’avais sympathisé avec une non moins bonne personne, une fée.

De modules de cours en modules de cours, nous approfondîmes nos relations d’amitié et de coopération lesquelles étaient soutenues d’ailleurs par l’urbanité, que dis-je la courtoisie dont faisaient montre l’un et l’autre. Nash ne m’a jamais abandonné, moi non plus. Ad probationem,  à part notre amie Bernice, c’est la seule parmi mes amies,qui, après notre formation à l’ENAM, s’intéressait encore à moi, non pas du point de vue sentimental, mais purement et simplement amical. Les autres pimbêches m’avaient esseulé sans scrupule aucun.Personne n’avait le temps de l’autre, mais Natacha avait mon temps, du moins faisait l’effort de ne pas me blesser.

2- Amitié

Même si sa folie l’amène parfois à se comporter comme une sinoque, Nash est celle qui était là à tout moment. Elle s’imprégnait fréquemment de mes nouvelles, allait me rendre visite au service et même acculé à la brune, elle m’attendait. Je me rappelle encore que pas plus tard qu’en décembre, période où le COS-LEPI et les Affaires Etrangères ne me laissaient que 5h de temps de repos sur 24, on devrait se voir à nos sorties du travail. Elle était sortie aux environs de 19h et bibi, j’étais encore au service où je préparais les passeports de certains agents du COS-LEPI qui allaient voyager le lendemain.Ayant éconduit de m’attendre dans l’un des bureaux que j’occupais, Nash a préféré m’attendre dans le hall. Sauf erreur ou sclérose de ma mémoire, elle y est restée jusqu’aux environs de 22h: juste pour dire qu’elle savait attendre, du moins elle savait m’attendre. Sa pondération, sa gentillesse et son humilité faisaient qu’elle me comprenanait même quand je déraillais parce que peu de personnes de sexe féminin, m’apprécient. Elle adoucissait mes comportements sarcastiques et caustiques de façon qu’ils n’aient aucun effet d’énervement ou de fâcherie sur elle.

3- Comportement

Elle a jusqu’ici fait montre de respect et de politesse à mon endroit. Ceux-ci font même que pour nos rencards dans les restaus, elle met son point d’honneur à me servir. Mieux, se trouvant tellement en posture de femme africaine, elle me prend pour un roi, considération qui l’amène jusqu’à me servir (servir, cad que devant le plat commandé, elle me sert dans mon assiette, ce qui est rare et difficile à faire pour les filles de nos jours). Quoique nous ne soyons ni soupirants l’un de l’autre, ni fiancés, ni mariés, elle m’accorde cet égard, ce respect. Elle me respecte, me traite avec hauteur et surtout n’aime pas me voir souffrir.Nash je te suis reconnaissant.

4-Style

Ce qui me sidère chez Nash surtout, chose que je ne lui ai jamais faire savoir, c’est son code vestimentaire. Je dis code parce qu’on dirait qu’il est des règles qu’elle suit, lesquelles constituent pour elle  des exigences. Je la vois rarement pour camoufler que je ne l’ai encore jamais vu porter une même chose deux fois. Question: Nash dis moi comment tu fais? rire

Natacha a en fait du style. Elle ne porte pas des vêtements, non elle s’habille. Elle sait faire seoir vêtements et bas, chaussures j’allais dire.

Mais s’il y a une chose qui rend Nash bizarre et floue, c’est qu’elle n’apprécie souvent pas mes copines, du moins ne les a jamais aimées.

Nash Pourquoi?

André-Marie GBENOU: Histoire, je me rappelle comme si c’était hier

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Je me rappelle ce jour 4 mai 2015 comme si c’était hier.

Lundi 4 mai 2015, j’étais au bureau à la Direction des Relations avec les Béninois de l’Extérieur quand j’aperçus depuis le 2e étage du bâtiment de l’actuel MAEC (ancien MAEIAFBE), une ribambelle d’hommes et de femmes aux airs mécontents et révoltés. C’était loin d’une liesse populaire, mais un soulèvement.

Aux environs de 11h, maman m’a appelé depuis le Mono:  » c’est vous qui êtes à Cotonou, c’est vrai que le boss a envoyé des militaires chez Azanai? » je ne comprenais rien.

Les instants d’après, parvinrent des infos des télés et radios de place faisant passer quel message? Boni Yayi a envoyé des militaires prendre l’honorable AZANAI.

J’étais au bureau avec mon ami Prince TANKPINNOU, qui causait directement avec notre ancienne collègue de filière Candace, la fille de  Candide AZANAI

On avait tous le cœur gros, tout le monde avait peur.

J’avais plutôt plus peur pour ma petite amie, qui avait quitté calavi pour me chercher. Ce qui me rendait davantage pétochard et anxieux, ce qu’elle avait emprunté la voie de la guerre, la voie de zogbo. Au moment où elle jouait l’intrépide, moi J’avais peur, j’avais peur qu’elle se fasse transpercer son joli par une balle perdue et je priais.

Elle est venue me chercher aux envions de 18h45. On a emprunté la route des pêches pour le retour. Mêmes les coins, les recoins souvent non empruntés étaient envahis, c’était une ruée, tout le monde voulait aller prendre le même chemin. C’était carrément de la période de l’entre-deux-guerres. .On s’est frayé un chemin dans la brousse pour parvenir à Calavi.

Le Lundi 4 mai 2015, c’était carrément la guerre au Bénin, du moins, ce n’était pas loin de là.

Cette nuit même, alors que je remerciais Dieu de nous avoir gardés sains et sauf et conduit à la maison sans atteinte quelconque, mon frère ainé,  » ce min hou tô (assassin) » m’appelle à 23h pour me demander de passer le chercher à kouhounou. Comment un type qui a traversé une dure situation, un imbroglio va se permettre ce luxe de s’y replonger et pourquoi? parce qu’un quidam ne veut pas dépenser 500f pour le transport? putain. Mais que diable m’arrive t’il? de ressortir aller chercher mon frère,  traverser une fois encore ce trajet d’enfer? c’était de la mer à boire. Je n’en pouvais plus. Ma poitrine est plus bouffie que le matin.

J’ai pris ma moto et suis allé chercher ce « min hou tô » avec des bifurcations terribles et indicibles. Dieu merci, on est arrivé à destination sain et sauf.

Quand j’ai joint mes amis qui rentraient de Cotonou pour calavi comme moi, la plupart, ayant emprunté le quartier de la scène (zogbo), se sont gravement plaint. C’était carrément la traversée d’un fossé insidieux rempli d’animaux sauvages.

Certains étaient arrêtés et pour passer, ils devraient dire un slogan élogieux à l’endroit du Président de la République. Pour d’aucuns, c’était  » yayi boni hoyé » ou pour d’autres  » alleeeeer yayi » ». Ce jour là, la circulation était bloquée et les conducteurs de voiture étaient stoppés et et les voitures fouillées anarchiquement. C’était le désordre le plus absolu.

Le 4 mai 2015 pour les béninois, notamment les habitants de godomey, calavi et environs, c’était un jour cauchemardesque. C’était l’enfer.

 

André-Marie Calliste GBENOU.