André-Marie GBENOU: Histoire, je me rappelle comme si c’était hier

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Je me rappelle ce jour 4 mai 2015 comme si c’était hier.

Lundi 4 mai 2015, j’étais au bureau à la Direction des Relations avec les Béninois de l’Extérieur quand j’aperçus depuis le 2e étage du bâtiment de l’actuel MAEC (ancien MAEIAFBE), une ribambelle d’hommes et de femmes aux airs mécontents et révoltés. C’était loin d’une liesse populaire, mais un soulèvement.

Aux environs de 11h, maman m’a appelé depuis le Mono:  » c’est vous qui êtes à Cotonou, c’est vrai que le boss a envoyé des militaires chez Azanai? » je ne comprenais rien.

Les instants d’après, parvinrent des infos des télés et radios de place faisant passer quel message? Boni Yayi a envoyé des militaires prendre l’honorable AZANAI.

J’étais au bureau avec mon ami Prince TANKPINNOU, qui causait directement avec notre ancienne collègue de filière Candace, la fille de  Candide AZANAI

On avait tous le cœur gros, tout le monde avait peur.

J’avais plutôt plus peur pour ma petite amie, qui avait quitté calavi pour me chercher. Ce qui me rendait davantage pétochard et anxieux, ce qu’elle avait emprunté la voie de la guerre, la voie de zogbo. Au moment où elle jouait l’intrépide, moi J’avais peur, j’avais peur qu’elle se fasse transpercer son joli par une balle perdue et je priais.

Elle est venue me chercher aux envions de 18h45. On a emprunté la route des pêches pour le retour. Mêmes les coins, les recoins souvent non empruntés étaient envahis, c’était une ruée, tout le monde voulait aller prendre le même chemin. C’était carrément de la période de l’entre-deux-guerres. .On s’est frayé un chemin dans la brousse pour parvenir à Calavi.

Le Lundi 4 mai 2015, c’était carrément la guerre au Bénin, du moins, ce n’était pas loin de là.

Cette nuit même, alors que je remerciais Dieu de nous avoir gardés sains et sauf et conduit à la maison sans atteinte quelconque, mon frère ainé,  » ce min hou tô (assassin) » m’appelle à 23h pour me demander de passer le chercher à kouhounou. Comment un type qui a traversé une dure situation, un imbroglio va se permettre ce luxe de s’y replonger et pourquoi? parce qu’un quidam ne veut pas dépenser 500f pour le transport? putain. Mais que diable m’arrive t’il? de ressortir aller chercher mon frère,  traverser une fois encore ce trajet d’enfer? c’était de la mer à boire. Je n’en pouvais plus. Ma poitrine est plus bouffie que le matin.

J’ai pris ma moto et suis allé chercher ce « min hou tô » avec des bifurcations terribles et indicibles. Dieu merci, on est arrivé à destination sain et sauf.

Quand j’ai joint mes amis qui rentraient de Cotonou pour calavi comme moi, la plupart, ayant emprunté le quartier de la scène (zogbo), se sont gravement plaint. C’était carrément la traversée d’un fossé insidieux rempli d’animaux sauvages.

Certains étaient arrêtés et pour passer, ils devraient dire un slogan élogieux à l’endroit du Président de la République. Pour d’aucuns, c’était  » yayi boni hoyé » ou pour d’autres  » alleeeeer yayi » ». Ce jour là, la circulation était bloquée et les conducteurs de voiture étaient stoppés et et les voitures fouillées anarchiquement. C’était le désordre le plus absolu.

Le 4 mai 2015 pour les béninois, notamment les habitants de godomey, calavi et environs, c’était un jour cauchemardesque. C’était l’enfer.

 

André-Marie Calliste GBENOU.

 

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